Les inondations de l’Arno

L’arno est le quatrième cours d’eau italien et les inondations sont une malédiction qui touche la ville depuis plus de 800 ans.

La première inondation connue a été le 4 novembre 1177, et le ponte vecchio a été détruit. Florence a connu 64 inondations, une des plus importantes pendant le Moyen Âge s’est passé en novembre 1333, où il y eu environ 300 morts et où les faits ont été détaillé par Giovanni Villani. La seigneurie avait à peine fini la construction des remparts, qui a certains endroits été détruites par la force de l’eau. Les maisons à l’intérieur des murs étaient comme dans une grande piscine, qui s’étendait sur trois mètres environ et détruits la plupart des édifices fragile. Les ponts étaient détruits, sauf le pont de rubiconte (maintenant devenu le pont des grâces) qui a été fortement endommagé. La fureur des eaux détruisit les églises et les endroits sacrés, comme la colonne de saint Zanobi. Toutes les caves, les sous sols et les premiers étaient remplis de boue puante. Pendant longtemps la ville est restée sans eau propre. La boue a séché rapidement et a été difficile à enlever, surtout au niveau de la cathédrale et du baptistère. La ville, sans ressource, à pu compter sur la solidarité des villes voisines, comme Pistoia ou Prato. La totalité des dégâts a été évalué à 150.000 florins (l’équivalent de 530 kg d’or). Il y eu plusieurs explications pour cette inondation. Pour Villani l’arno, a débordé à cause de son utilisation trop importante. Mais la raison la plus développée était d’ordre religieux, lié à la volonté divine, à cause des florentins avares et riches qui se tachaient du pêcher d’usure.

À partir du XVIe siècle, la situation politique à Florence et en Toscane à profondément changer. Le grand-duc avait permis l’unification territoriale de la région et tout le bassin de l’Arno se retrouva englober dans ses plans. Il eût donc une intervention sur tout le fleuve, même si le but principal n’était pas de protéger l’Arno des inondations, mais plutôt de développer la navigation interne surtout pour relier Florence avec le port de Livourne. L’augmentation des zones cultivables le long de l’Arno à permis un développement du travail, mais a réduit énormément les superficies où le fleuve pouvait grossir en cas d’inondation. Il y eu une dizaine d’inondations dans le siècle et surtout en novembre 1544 et le 13 septembre 1557. Le grand duc a essayé de faire marche arrière, s’étant rendus compte que les inondations du fond de la vallée et de la plaine florentine étaient en grande partie déterminées par le déboisement de la bande des Apennins, et il émit un décret dans ce sens.

Alluvione_di_Firenze_07Une autre grande inondation s’est passé dans la nuit du 3 au 4 novembre 1966. Toute la saison d’automne et en particulier les trois premières semaines où il y eu des pluies abondantes.

Étonnamment, les quatre jours avant le 3 novembre, il n’a pas plu. Par contre, les pluies du 3 et 4 novembre ont été intense et continue. L’Arno a réussi à atteindre 4 mètres 92 près de Santa croce, l’endroit le plus touché de la ville. Il y eu 35 morts : 17 à Florence et 18 aux alentours, presque 20 000 familles touchées et 4 milles sont restés sans maison.  L’eau est entrée dans le Palazzo Vecchio, dans la cathédrale et le baptistère et sur le Ponte Vecchio. L’Arno à détruit les barrages au niveau du Lungarno Acciaioli et du Lungarno alle Grazie tandis que la rivière Mugnone à inondé la zone du parc des Cascine. Il fallut attendre toute la journée et une bonne partie de la nuit pour que l’eau commence à se retirer, et la ville resta alors dans le noir, et vide.

Angeli_del_fangoPour aider Florence à se reconstruire (au niveau humain, mais aussi au niveau artistique et du patrimoine), il y eu énormément de gens qui, de toute l’Italie, sont venus prêter main forte. Les « anges de la boue » (comme les a appelé Giovanni Grazzini, journaliste) étaient des jeunes volontaires qui aidaient les florentins à déblayer la boue, à distribuer les vives et récupérer les livres, tableaux et autres œuvres d’arts.

Saragat_alluvione_di_FIrenze_1966Le premier personnage politique à se rendre sur place à été le ministre Giovanni Pieraccini, qui racontera d’avoir été la première personne à naviguer sur un bateau pneumatique dans le palazzo Medici Riccardi. Deux jours plus tard Saragat, président de la république, est arrivé place de Santa Croce. Il a été reçu par des florentins peu enthousiastes : à Rome, les nouvelles de Florence sont arrivés quelques heures après la tragédie et les aides de l’État ont tardé à arriver.  Florence était isolé, sans téléphone ni lumière, mais également sans autoroute ni lignes de chemin de fer. Pendant que l’eau envahissait la ville, personne à Rome ne pouvait imaginer ce qu’il se passait. Il n’y eu donc pas de quartier général, ni de personnel capable de contrôler l’évolution des dégâts et de l’eau.

Ivo_Bazzechi_Cimabue_FloodLe symbole de ses inondations est devenus le crucifix de Cimabue, qui se trouve dans l’église de la Sainte Croix. Irrémédiablement touché par l’eau et la boue, les anges de la boue l’ont sortis de l’église et ont essayé de le sauver, malheureusement la peinture a été perdue à tous jamais. Les portes du baptistère ont été plus chanceuse, même si certaines elles ont été retrouvées a quelques mètres de là, elles ont pu être restauré et reprendre leur place d’origine.

Franco Zeffirelli, metteur en scène florentin, a consacré un documentaire sur les inondations de 66. Dans le film « mes meilleures années », une partie du film se déroule à Florence pendant les inondations, et l’image qui s’y dégagé sont celles des jeunes prêts à aider les florentins, à main nue et affrontant le froid et la faim.

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